Le CETIC répond à un souci de la Commission
À la veille de fêter ses cinq ans d'existence, le Centre d'excellence en technologies de l'information et de la communication (Cetic) s'est vu confier la coordination de deux projets de recherche européens du 6e programme-cadre. Le jeune centre carolorégien, qui s'est fortement impliqué dans l'Espace européen de la recherche, confirme ainsi à la fois son excellence scientifique et sa crédibilité financière. ( Source : Leonard J.L., Le CETIC répond à un soucis de la Commission, in Athena, recherche et développement technologique, oct. 2006)
Le Cetic participait déjà à divers titres à six études scientifiques financées par le 6e programme-cadre. Les deux nouveaux projets - dont il est l'acteur principal puisqu'il en assure la coordination scientifique, administrative et financière - ont été lancés à quelques semaines d'intervalle. Ils sont à situer dans la foulée de deux recherches antérieures, toujours en cours, dans lesquelles le centre carolorégien avait pu démontrer ses capacités: les projets BeInGrid et CoreGrid (voir Athena n° 204, pp. 63-66). Ce dernier «nous a permis de construire un réseau de partenaires de premier choix au niveau mondial», souligne le directeur général du Cetic, Pierre Guisset.
Les deux nouveaux projets ont été baptisés GridTrust et Qualoss. Le premier a été engagé en juin dernier avec des partenaires de Belgique, d'Espagne, d'Italie, des Pays-Bas et du Royaume-Uni et un budget global de 3,856 millions d'euros prévu pour trois ans. Le second, qui devrait être doté d'un financement de quelque 3 millions d'euros pour une durée de deux ans et demi, a été mis sur les rails en septembre et implique des partenaires du monde universitaire et des entreprises basées en Allemagne, en Belgique, en Espagne, en France et aux Pays-Bas.
GridTrust
GridTrust vise, comme son nom le suggère, à développer la technologie nécessaire à la sécurisation des grilles qui formeront le réseau Internet de la prochaine génération. Il regroupe un vaste partenariat de centres de recherche et d'entreprises telles que Hewlett Packard Europe, Moviquity ou De Agostini. Les compagnies industrielles et commerciales qui seront demain connectées au Grid auront besoin de sécurité et de fiabilité. «Les entreprises comme les autres utilisateurs du Grid auront accès à des capacités de traitement et de stockage de l'information avec une facilité analogue à celle qu'offre aujourd'hui le réseau électrique», a rappelé Philippe Massonet, responsable du projet au Cetic.
QUALOSS
Le deuxième projet, Qualoss (QUALity of Open Source Software), a pour objectif de développer une méthode d'évaluation de la robustesse et de la capacité d'évolution des logiciels libres, qui sont en plein essor, mais dont le développement est freiné par les appréhensions qu'ils éveillent chez certains utilisateurs potentiels. Les logiciels libres, souligne-t-on au Cetic, concernent toutes les entreprises qui ont un système informatique, et pas seulement celles qui s'occupent d'informatique. «Contrairement aux idées reçues, la plus-value du logiciel libre n'est pas sa gratuité mais sa capacité à distribuer la connaissance et surtout à générer des emplois locaux et ainsi assurer une croissance soutenue de l'économie locale.» La méthode Qualoss, qui sera intégralement publiée, permettra aux entreprises de sélectionner ou d'analyser les applications Open Source qui leur conviennent.
«Avant d'entamer l'intégration ou l'utilisation de logiciels libres, les entreprises pourront donc consulter le catalogue créé durant Qualoss afin de sélectionner les composantes libres qui correspondent le plus à leurs attentes.(...) Si une composante ne fait pas partie du catalogue, l'entreprise intéressée pourra alors en commander l'étude ou l'étudier elle-même sur base de la méthode Qualoss», précise-t-on au Cetic. Le responsable du projet, Jean-Christophe Deprez (la photo), souligne l'importance d'une bonne qualité logicielle en rappelant la mésaventure de Ford Motor, qui a dû sacrifier un système marketing impraticable après lui avoir consacré 400 millions de dollars.
La Commission européenne peut donc dépenser quelques millions d'euros pour conforter la fiabilité des systèmes informatiques, particulièrement des logiciels libres, dont 70% des développeurs sont basés en Europe. Pour Pierre Guisset, «l'engagement du Cetic dans ce type de projets internationaux démontre clairement sa position de partenaire privilégié des grandes entreprises et centres de recherche belges et européens. De la sorte, nous renforçons le rayonnement international de la Région wallonne à l'échelle européenne», conclut-il. Est-il nécessaire d'ajouter que le Cetic se prépare activement à répondre, dès 2007, aux appels à propositions du 7e programme-cadre ?